Commune périurbaine située aux portes de l’agglomération bordelaise, Cadaujac connaît depuis le milieu des années 1980 une urbanisation soutenue de son territoire en raison de la proximité de l’agglomération bordelaise à ses portes et de la présence, sur son territoire, de nombreuses activités commerciales et de services, ainsi que de services publics de proximité (poste, école, collège). Ainsi, et malgré la sanctuarisation de vastes espaces naturels et agricoles dans le cadre de la mise en œuvre de plusieurs outils juridiques de protection environnementale (PPRI, ZPENS, ZNIEFF) et agronomique (vignoble classé en AOC Pessac-Léognan), Cadaujac n’échappe pas aux inconvénients de sa fonction résidentielle : banalisation de l’architecture, grignotage irréversible des espaces agricoles, étalement urbain avec ses conséquences sur la mobilité, les déplacements, l’imperméabilisation des sols, l’environnement. Pour préserver la qualité de ses paysages, perçus par les habitants comme une composante essentielle du cadre de vie de la commune, la mairie de Cadaujac a commandé une étude archéogéographique afin d’amender, sur ce sujet, la réflexion des élus et du bureau d’étude engagés dans la révision du PLU. L’étude a permis de substituer au « bocage humide », élément fort de la typologie paysagère locale élaborée par les paysagistes, plusieurs corridors éco-morphologiques liés à l’Eau Blanche, un bourrelet alluvial et sa gouttière arrière, légèrement déprimée donc propice à l’engorgement des sols, deux marais desséchés à l’époque moderne. En somme, un collectif d’objets nouveaux ayant chacun une forme et une histoire spécifique (même si cette histoire nous échappe dans ses détails) en lieu et place d’un collecteur « tout terrain » (le bocage humide) qui lisse et gomme la spécificité de l’espace local et ses combinatoires. L’étude a livré, également, des pistes pour penser l’aménagement à venir du territoire communal. Ainsi en est-il des gravières creusées dans la seconde moitié du XXe siècle et remblayées avec les déchets ménagers de l’agglomération bordelaise, qui hypothèquent lourdement l’extension de l’espace urbain dans le sud de la commune. Ainsi en est-il de la forme en étoile qui commande l’organisation du réseau des voies et des chemins autour de l’église et qui pourrait constituer l’armature d’un projet urbain articulé à l’héritage de l’histoire locale des lieux.




