Le projet « Valorisons les rives de l’Estuaire de la Gironde ! », porté par le Conservatoire du littoral en partenariat avec trois syndicats mixtes de bassins versants du Haut-Médoc, le Parc Naturel Régional Médoc, le SMIDDEST, l’Agence de l’Eau Adour-Garonne et la Région Nouvelle-Aquitaine vise à améliorer la connaissance de l’histoire et du fonctionnement des palus et marais estuariens du Haut Médoc (4700 hectares en bordure d’Estuaire, entre Ludon-Médoc et Pauillac) et sa diffusion auprès des acteurs du territoire et du grand public, afin de définir et asseoir une stratégie de gestion concertée et intégrée de ces zones humides. Milieux bio-chimiques rendant de multiples services écosystémiques (écrêtage des crues, régulation du débit des cours d’eau, épuration des effluents urbains et agricoles, protection des rivages, accueil pour la reproduction d’espèces piscicoles, stockage du carbone, aménités et activités récréatives), les palus et marais du Haut Médoc sont aussi des milieux aménagés par les sociétés au cours du temps long et donc le produit d’une histoire au croisement de la nature et de la culture. L’étude archéogéographique qui a été réalisée, croisant analyses morphologiques et topographiques des paysages et dépouillement des textes d’archives, discrimine les différents « objets » planimétriques, physiques et historiques, qui composent ce territoire et en explique l’émergence et l’évolution au cours du temps : canaux de dessèchement des palus et marais, paléo-berge, îles atterries, ports envasés, bras colmatés de l’Estuaire, etc. Ces traces d’histoires, plus ou moins anciennes, disent combien ces lieux et milieux sont mêlés d’héritages morphologiques qui, parce qu’ils sont transmis dans la planimétrie actuelle, construisent le présent des paysages et en orientent l’avenir. Loin de la description habituelle d’un état qualifié « d’initial » du site et de l’environnement, l’étude permet donc une meilleure compréhension des processus qui ont fait de ces zones humides un morceau de l’écoumène (la terre habitée), restituant à ces lieux une trajectoire historique faite de continuités mais aussi d’accidents et de bifurcations. Ce sont ces bifurcations qui sont à l’origine de l’organisation hydraulique et du fonctionnement écologique actuel des palus et marais, lesquels sont décrits dans le cadre d’un diagnostic territorial détaillé.

Partant, ce récit ancré dans la longue durée permet de se projeter dans l’avenir et de dessiner des scénarios d’adaptation de ce territoire au regard des évolutions prévisibles induites par le changement climatique. Trois scénarios d’adaptation sont présentés (« Au fil de l’eau » ; « Poursuite des travaux d’assèchement » ; « Co-évolution délibérée »), qui intègrent une évaluation des fonctions des zones humides et une évaluation chiffrée des retombées socio-économiques agricoles. Des recommandations découlant de l’ensemble de l’étude sont enfin présentées (recommandations techniques générales, recommandations techniques spécifiques à chaque marais et recommandations stratégiques et organisationnelles). Est mis en avant l’importance d’une conception d’un projet de territoire piloté par une organisation collaborative permettant la mise en œuvre d’actions mutualisées et concertées.

Cette étude a donné lieu à la réalisation d’un film de médiation paysagère et scientifique intitulé Rives et marais estuariens du Haut Médoc (© Les bobines du paysage).

[Cette étude a été réalisée avec la collaboration de Catherine Fruchart, Valentin Pommier et Mathias Gaillard].

Rives et marais estuariens du Haut-Médoc

Intitulé de l’étude

Analyse des tendances évolutives des rives et marais estuariens du Haut Médoc

Maîtrise d’ouvrage

Conservatoire du littoral

Date de rendu du rapport

Février 2020

Sur le même sujet :

Jalle de Castelnau

Jalle de Castelnau


Syndicat mixte du bassin versant des jalles du Cartillon et de Castelnau
Moyenne vallée de l’Adour (partie aval)

Moyenne vallée de l’Adour (partie aval)


Institution Adour (Etablissement Public Territorial du Bassin de l’Adour)
Labrit

Labrit


Université de Bordeaux Montaigne, Laboratoire Ausonius (projet AgroPast)
Phare de Cordouan et embouchure de l’estuaire de la Gironde