La craste Baneyre a été creusée dans la seconde moitié du XVIIIe siècle afin de détourner les eaux du plateau méridional du bassin d’Arcachon vers la Leyre et protéger ainsi de l’inondation les hameaux des communes de Gujan-Mestras et du Teich. La colonie de peuplement fondée par le banquier suisse Daniel Nezer, à la suite du contrat passé avec le marquis de Ruas en 1765, avait en effet conduit à assécher les landes communales de ce plateau au moyen d’un réseau géométrique de fossés, modifiant radicalement les circulations d’eau naturelles et donc les exutoires vers le Bassin.
L’évolution de la tache urbaine dans la seconde moitié du XXe siècle confère à cette craste un intérêt stratégique majeur dans la mesure où il est le seul ouvrage de protection des zones urbanisées contre l’inondation pluviale du plateau méridional du Bassin. Quelques épisodes récents ont montré ses limites en cas d’événement extrême ou prolongé, ce qui justifie la décision du SIBA de le conforter par la construction prochaine d’un bassin de sécurité qui sera situé au niveau du pont Beynel, à la limite des communes de Gujan-Mestras et du Teich. L’identification des circulations d’eau anciennes, tant au sud qu’au nord de la craste, reste, néanmoins, un enjeu important ce qui justifie l’étude archéogéographique commandée par le SIBA.
L’étude a montré que, contrairement à sa bordure orientale, le bassin versant sud du bassin d’Arcachon n’est pas parcouru par un réseau dense de cours d’eau. Un réseau hydrographique existait par le passé, qui a été semble-t-il asséché, peut être par la coupure que constitue la craste Baneyre. Pour autant, il reste prégnant dans l’espace puisqu’il n’a pas été radicalement modifié par l’urbanisation et continue à organiser les formes du parcellaire et le réseau viaire.




