Long de 14 kilomètres et large de 13 à 24 mètres, le canal des Landes a été creusé entre 1835 et 1838 par la Compagnie d’exploitation et de colonisation des Landes afin de transporter le fer nécessaire à l’approvisionnement des usines et forges implantées à proximité de son cours. Il servit, parallèlement, de canal de distribution d’eau dans le cadre de la mise en place d’un vaste réseau d’irrigation créé par la Compagnie agricole et industrielle d’Arcachon dans le but de développer les cultures vivrières, réseau repris quelques années après par la Compagnie ouvrière de colonisation des Landes de Gascogne afin d’exploiter des rizières. Ces trois compagnies déposèrent, tour à tour, leur bilan, la première en 1860 en raison du manque de trafic sur le canal et de son ensablement — phénomène sous-estimé par les ingénieurs —, la seconde et la troisième, respectivement en 1846 et 1860, en raison de la pauvreté des sols et de la difficulté de les amender. La loi de 1857 sur l’enrésinement des communaux conduisit les communes à ensemencer en pins leur territoire. La forêt se développant, le canal fut abandonné à la fin du XIXe siècle.
Lors de l’occupation, l’armée allemande remplaça les écluses qui jalonnaient le canal par des barrages en palplanches afin d’empêcher les troupes alliées de l’utiliser et, le cas échéant, pouvoir noyer les terrains des communes riveraines de Gujan, La Teste et Cazaux. Cette problématique d’inondation reste très actuelle, compte tenu de l’état de dégradation du canal, ce qui conduit le SIBA à envisager d’intervenir pour le consolider. L’étude archéogéographique commandée par le SIBA vise donc à réaliser, au travers de l’analyse des cartes et plans anciens enrichie des éléments utiles de la bibliographie et des documents d’archive, une cartographie précise de cet ouvrage et de ses évolutions depuis le milieu du XIXe siècle, des circulations d’eau antérieures à son percement, des anciennes écluses et barrages qui le jalonnent, des prises d’eau qui y ont été percées, afin d’amender la réflexion des services et maîtres d’œuvre du SIBA.
L’étude a montré que le cours du canal des Landes s’est maintenu, même si l’ensablement en a réduit significativement la largeur et que les anciennes écluses ont été détruites, remplacées par des batardeaux au cours de l’occupation allemande. Le cours du canal des Usines, en revanche, est coupé à mi-parcours de son ancien tracé, celui-ci bifurquant vers l’Ouest pour se reconnecter au canal des Landes. Ce tronçon est dénommé actuellement canal des Forges. La partie aval du canal des Usines est restée en place, mais n’est plus raccordée à la partie amont. C’est ce tronçon qui continue à être appelé Canal des Usines. S’agissant des anciens canaux d’irrigation raccordés au canal des Landes par la Compagnie agricole et industrielle d’Arcachon, on constate qu’ils ont été maintenus très largement à l’est du canal, où la trame géométrique implantée dans les années 1830/40 reste très prégnante. En revanche, à l’ouest du canal, les formes ont été fortement réorganisées, alignées grossièrement sur l’orientation sud-ouest/nord-est du canal des Landes. C’est particulièrement net dans la zone de confluence du canal des Landes et de la craste Nezer où le parcellaire actuel est en totale discordance avec les formes quadrillées anciennes.




