Dans le cadre du programme national de requalification des quartiers anciens dégradés (PNRQAD), la direction générale de l’aménagement de la mairie de Bordeaux a élaboré un projet urbain global de renouvellement de centre ancien, nommé Bordeaux [Re] Centres, visant à procéder à une requalification d’ensemble des espaces publics, de la voirie et de l’habitat. Après avoir fait réaliser une étude d’anthropologie de l’espace interrogeant les perceptions d’un panel d’habitants de la ville interrogés sur la notion d’héritages (qu’hérite-t-on d’une ville ?), la direction générale de l’aménagement a souhaité disposer d’une étude d’archéogéographie afin d’expliquer certaines représentations d’espaces, qualifiés de « vides », « froids » ou « incertains », alors qu’ils sont situés dans la ville historique.
Interrogeant la mémoire du tissu urbain, l’étude de morphologie urbaine a montré que ces perceptions procèdent de dynamiques contrariées sous-jacentes à l’histoire de la fabrique urbaine et encore actives aujourd’hui, à savoir l’isolement du quartier Saint-Eloi, coupé progressivement des voies qui le desservaient initialement à l’ouest et au sud, d’abord par le développement des quartiers adjacents dans la seconde moitié du XIIIe siècle, puis par la construction de la grande enceinte de la ville au début du XIVe siècle, et enfin par une bifurcation du réseau viaire au début du XVe siècle, qui conduit à un décentrage progressif de la tache urbaine vers l’ouest.
Ce quartier enkysté dans la ville ouvre sur une question qui n’avait encore jamais été posée : comment raccorder ce quartier aux quartiers adjacents ?




